Give in to the Groove

En couverture : la Troubadour à Spiritland, le 8 octobre 2026.

Le 8 octobre, nous étions à Londres pour découvrir les Troubadour à Spiritland. Une première rencontre qui nous a surpris, et surtout donné envie de prolonger l’écoute.

Vous connaissez probablement Andrew Jones sans le savoir. KEF, Infinity, Pioneer, TAD, ELAC, MoFi : derrière certaines des enceintes les plus marquantes de ces marques, on retrouve le même concepteur.

Pour les frères Cerreta, le lien est plus discret, mais tout aussi musical. Si vous suivez nos démonstrations, vous connaissez déjà plusieurs des artistes que Jamie Cerreta a accompagnés. Blake Mills, Ray LaMontagne… Son travail d’éditeur musical et de défricheur rejoint depuis longtemps nos choix d’écoute.

Avec son frère Bill et Andrew Jones, il donne aujourd’hui naissance à Jones & Cerreta. Leur première enceinte porte un nom qui annonce la couleur : Troubadour.

Première rencontre à Spiritland

Le rendez-vous était fixé à Spiritland, à Londres, un lieu consacré à la musique que l’on pourrait décrire comme un jazz-kissa XXL. Avec ses 126 m² et ses trois mètres de hauteur sous plafond, la salle avait de quoi nourrir quelques interrogations. J’étais, pour ma part, assez circonspect à l’idée d’y présenter ces enceintes.

En franchissant la porte, on les aperçoit immédiatement au fond de la salle, à la place des imposantes Living Voice qui y trônent d’ordinaire. Le contraste est saisissant. Surélevées pour l’occasion, les Troubadour composent un ensemble relativement compact à l’échelle du lieu. Les proportions sont belles, la finition exemplaire.

Vue en plongée de la Troubadour et de son support à Spiritland.
Pour cette présentation, les enceintes étaient surélevées sur des supports.

Un ensemble concentrique à excitation

Chaque enceinte associe deux haut-parleurs de grave de 12 pouces à un ensemble concentrique réunissant un médium de 10 pouces à membrane en papier et un tweeter à dôme de 1,25 pouce. La particularité de cet ensemble tient à ses deux moteurs à excitation : le médium comme le tweeter utilisent un champ magnétique créé par une alimentation électrique dédiée.

Avec une sensibilité annoncée de 95 dB pour 2,83 V à un mètre et une impédance nominale de 6 ohms, les Troubadour ont été pensées pour fonctionner notamment avec les amplificateurs à tubes de faible puissance qu’affectionne Jamie Cerreta. Une inclination que nous partageons… et qui nous donne très envie de les associer à nos électroniques Air Tight, CSPORT ou Phasemation.

Gros plan sur le médium concentrique et le tweeter central de la Troubadour.
Au centre du médium de 10 pouces, le tweeter à dôme de 1,25 pouce. Les deux transducteurs disposent d’un moteur à excitation.

Une écoute vivante, à l’échelle du lieu

À Spiritland, elles étaient pourtant associées à un McIntosh MA12000, un intégré hybride disposant de 350 W par canal. Andrew Jones et Jamie Cerreta n’ont pas hésité à monter franchement le volume. Nos interrogations sur la taille de la salle se sont vite dissipées : les Troubadour remplissaient l’espace avec une aisance surprenante.

On ne peut pas dire que l’écoute ait été modérée, surtout en fin de soirée, lorsque la fête battait son plein !

Ce qui frappe d’emblée, c’est leur rapidité, leur vivacité, cette façon de donner du corps à la musique sans laisser les notes s’alourdir. L’écoute est dense et précise, l’image sonore bien construite.

Le grave possède une véritable assise. Les deux 12 pouces, relayés à 120 Hz par le médium, apportent de la charpente et un kick impressionnant. Le cône en papier du concentrique poursuit le travail jusqu’à 1 kHz : les voix prennent corps, les timbres s’affirment, avec cette énergie que nous aimons retrouver à l’écoute des haut-parleurs à excitation. Le tweeter prolonge cette sensation de vivacité dans l’aigu.

À l’arrière, deux commutateurs permettent d’ajuster légèrement les niveaux du médium et de l’aigu pour adapter l’équilibre à la pièce et au système.

Face arrière de la Troubadour avec son second haut-parleur de grave et les réglages du médium et de l’aigu.
La face arrière accueille le second 12 pouces, les réglages de tonalité et les connexions.

Cette écoute nous a rappelé certaines qualités des remarquables TAD Reference One auxquelles Andrew Jones a donné naissance : la cohérence, la précision, la capacité à construire une image sonore convaincante. Les Troubadour ouvrent toutefois une autre voie, associant une sensibilité élevée à un ensemble concentrique à excitation.

C’est cette rencontre qui nous intéresse particulièrement : la possibilité d’explorer des amplifications de faible puissance tout en conservant une restitution charpentée, vivante et capable de remplir un grand espace.

Détail du haut-parleur concentrique et des finitions de la façade.
Membrane en papier, pièces métalliques brossées et ébénisterie : le soin apporté à la réalisation se lit aussi dans les détails.

Bientôt à l’écoute chez Ana Mighty Sound

Vous l’aurez compris : cette découverte fut une excellente surprise. C’est aussi une grande fierté pour Ana Mighty Sound de représenter la première marque portant le nom d’Andrew Jones, et de l’accompagner dans cette nouvelle aventure.

Nous ne l’attendions pas nécessairement sur ce terrain : revisiter le principe des moteurs à excitation, l’associer à son travail sur les haut-parleurs concentriques et accorder une telle place aux amplificateurs de faible puissance. Ce premier modèle nous donne déjà très envie d’entendre la suite.

Photo de groupe autour d’une Troubadour lors de la présentation à Spiritland.
Un souvenir de cette soirée londonienne, autour de la Troubadour.

Nous vous invitons à découvrir les Jones & Cerreta Troubadour chez Ana Mighty Sound dès la fin du mois de novembre.

D’autres modèles sont à venir. L’histoire commence.